Les fondements de ce Yoga ancestral

le Kundalini Yoga

 

Depuis la Voie de Mahamudra jusqu’à nos jours, dans la transmission de Yogi Bhajan

Le Kundalini Yoga, c’est l'art de vous déployer pour trouver votre propre potentiel et votre vitalité, et vous hisser au plan de vos plus hautes vertus. Il n'y a rien à l'extérieur, tout est en vous : vous êtes le grenier de votre propre totalité. Yogi Bhajan

LES ARBORESCENCES DE CE RAJ YOGA :

Héritage de millénaires d’expériences yogiques, le Kundalini Yoga ou « Yoga de la Conscience » peut se rencontrer sous diverses formes selon les maîtres qui ont transmis les enseignements auxquels il se rattache.

La voie tantrique dont il est issu Maha Mudra est une voie non-duelle et donc très libre de concepts et de dogmes. Minimaliste, les pratiques corporelles requièrent un engagement presque sans limite lors des initiations permettant de briser les résistances et enlever les voiles des illusions. Transmission orale au commencement qui s’inscrivait dans le Yoga de la Lignée entre un Guru -Enseignant- et l’initié – Tantrika- ces pratiques restaient difficiles d’accès pour les non-initiés – Pashus, et trouver un maître était un défi : tout cela restait très secret.

Dans la lignée de Baba Virsa, Dirhendra, et Sant Hazara Singh, le Kundalini Yoga à été introduit dans les années 1970 en occident par Yogi Bhajan (maître de Yoga Sikh, originaire du Pendjab (Nord de l’Inde) aujourd’hui très controversé aux vues des atrocités commises au sein de son institution 3HO et qu’il n’est pas question ici de déifier ou de vénérer, simple gratitude d’avoir rendu ces pratiques accessibles au plus grand nombre, d’en avoir vulgarisé la transmission jusqu’à nous. 

D’autres formes de transmission sont toujours bien présentes notamment dans la région himalayenne, où la passation se poursuit dans le Yoga de la Lignée entre un Maître et son disciple. Et en occident, la branche du Yoga du Cachemire avec Jean Klein et ses descendants, le Tandava et Yoga de l’Espace avec Daniel Odier et ses descendants, ou encore le Tantra Yoga dans la lignée d’Osho et ses descendants, entre autres, nous ouvrent encore et toujours la Voie de la Présence à Soi.

Le Kundalini Yoga étant un art alchimique, chaque séance que visite cette pratique holistique ancestrale permet d’aller œuvrer sur des espaces et parties spécifiques de notre être pour servir notre totalité dans la légèreté, sans se prendre trop au sérieux : l’Art du Yoga étant la poésie du corps.

Il œuvre cependant et traite avec l’énergie Kundalini : l’effervescence fertile et créative de l’univers, et du principe de son extraction chez l’individu, sève vitale aux propriétés exquises.

Avec ou sans intention, chaque proposition est un alibi à l’éclosion, à la libération d’un cadre souvent limitant, à la dissolution de croyances réductrices, de comportements obsolètes comme autant de postures à revisiter ici. Et c’est une ode à la sensation : la sensation pure d’une peau frémissante, d’un corps pétillant.

 

L’univers tout entier est régi entre une permanente alternance entre contraction et dilatation. C’est la respiration de l’univers : le mouvement perpétuel de l’énergie porteuse de vie.

Ainsi, tout relève de nos postures et de nos perception à ré-explorer afin que les contractions ne soient rien d’autre qu’une manifestation naturelle et passagère qui précède inévitablement une nouvelle expansion. Dans un cycle continu, en un mouvement perpétuel.

Energie des profondeurs, le Kundalini Yoga -yoga Tantrique- explore la globalité de nos corps, de nos Psychés.

Sa pratique régulière et engagée permet de  reconnaître la puissance de cette énergie souvent endormie, d’apprendre à la contacter, à l’apprivoiser voire à la canaliser tant sur le plan physique, mental qu’émotionnel, afin de servir ainsi au mieux nos plus hautes vertus d’être humain : le cœur.

Ces séances poétiques ne sont qu’un lieu d’expression d’innocence et de passion brûlante, de palpitations et de libertés partagées. Puisque nous sommes incarnés, autant jouer ce jeu de la vie avec le plus de confort, d’aisance et de joie possible.

``Je prends le parti de ceux qui cherchent et doute de ceux qui ont trouvé, car ils sont morts. Rien de plus vivant que la quête, rien de plus beau, pour autant qu'on cesse de chercher à l'extérieur du Soi.`` Daniel Odier.

``Quand je me pose et que je laisse ma respiration retrouver son rythme, quand je laisse mon corps retrouvez son espace, c’est mon être tout entier qui retrouve sa juste place. Alors je peux sentir, pressentir, trouver cet alignement, cette résonance avec ce que je suis profondément.`` Eric Baret.

Yogi Bhajan

Notre état naturel est  la Joie.

Et pour ne pas corrompre cet état qui manifeste notre lumière, nous devons recontacter l’Amour, ce que nous sommes fondamentalement.

L’amour sans stratégie ni attente. L’amour sans jugement ni compensation. Sinon c’est du marchandage.

Le Prem : l’amour inconditionnel, celui qui ne discrimine rien, celui qui est non-duel.

L’amour est un kriya qu’il nous faut explorer.

Et chaque jour que la conscience se goute elle-même, explore le vivant à travers moi et m’invite à choisir des postures : c’est le kriya, le chemin de l’incarnation.

La vie est le Yoga.

Les enseignements du Kundalini Yoga

transmis par La Voie du Naad

Puissance infinie de création, énergie de la Conscience, rayonnement de la Félicité, les expressions de la Kundalini sont multiples.

Qu’importe son nom !

 

Kundalini, de son étymologie la lovée, l’annelée, est formulée parfois poétiquement par « boucle de cheveu de la bien-aimée ». Cette métaphore évoque l’ondulation vivante et vibrante de la chevelure de la déesse Shakti, chevelure déployée à l’infini, tissage vibratoire qui construit l’univers tout entier : la grande toile d’Indra.

Shakti, ou la grande déesse, est  l’accoucheuse de l’univers, la mère divine, la puissance de la fécondité : la potentialité de toutes les arborescences possibles. Elle est l’énergie féminine de Shiva qui contient tout le non manifesté afin de le rendre manifeste. Aussi, Kundalini est la grande créatrice de l’univers : elle est l’allumeuse des mondes, instillant la pulsion de vie pour rendre formel l’informel, connu l’inconnu et visible l’invisible.

 

Lovée 3 doigts et demi sous le nombril dans la Kunda (le ventre), cette énergie, une fois réveillée, se déroule et se dresse le long de Shushmuna (le nadi central) : notre serpent de vertèbre, jusqu’à s’expanser par-delà des limites de notre pâte corporelle et se fondre dans la vacuité pour finir par se lover tendrement dans son siège : la sphère du cœur.

Représentée par un serpent, symbole de connaissance, de sagesse (le savoir inné) et de médecine, cette énergie puissante et sauvage est manifeste en chacun de nous. En tous. En tout. Elle est ce qui Est. Dans le manifesté. Elle est l’énergie de la pulsion de vie, le ​pouvoir de création. 

Et elle est tout autant la grande destructrice de l’univers : la grande dévoreuse. Par sa puissance d’anéantissement elle permet la régénération perpétuelle du cosmos. A l’image de son emblème le serpent, on lui attribue le pouvoir de vie et de mort.

 

De ce fait, Kundalini est parfois symbolisée par une spirale enroulée trois fois et demi sur elle même.

Car si les trois premières boucles de la spirale involuée rappellent les égarements de l’individu dans les trois états fondamentaux de la conscience que sont la veille, le rêve et le sommeil profond, la demi boucle restante promet la possibilité d’un quatrième état : celui de la conscience réconciliatrice, l’unité.

 

C’est pourquoi dans le corps humain Kundalini apparaît comme un réservoir d’énergie aux propriétés créatives. Germe de tous les possibles, elle précède toute forme de créativité. De la procréation à l’expression de l’imaginaire, aux mouvements du souffle comme de la parole jusqu’aux élans de nos aspirations les plus hautes, l’expression qu’elle prend dépend de la qualité de conscience que l’on a de celle-ci.

``La Shakti est la cause de tous les êtres``. (Bhavana Upanishad)

Dans le cadre de la transmission :

Ce Yoga ancestral nous permet d’explorer cette énergie sauvage dans sa puissance primale, d’en ressentir le flux, et de la savourer férocement, jusque dans sa forme tantrique et archaïque la plus spontanée : explorations vouées au frémissement, au bouillonnement, à l’éclosion, à la dilatation, à l’émerveillement.

Cette très ancienne technique holistique nous invite à malaxer, à émulsionner les différents plans de l’être en jouant avec notre pâte corporelle dans la matière de l’air et de l’espace, sans attente, sans recherche, ouverts à ce qui est, simplement. Et à les sceller, les pratiques étant devenues rituels à l’union sacrée entre le corps, le mental et l’âme, trinité interdépendante.

Opérer dans la conscience de ce lien et nous élever, dans et par ces pratiques avec lesquelles nous jouons ensemble.  Tout est là.

Pour s’aventurer à porter un regard neuf sur tout ce qui se joue à chaque instant en de multiples facettes.

Pour qu’intuition, neutralité du mental (discernement) et détachement (non addiction) s’installent dans nos vies pour plus de confort : nous engager envers nous-même et sans plus nous solder. Pour l’ivresse.

Fondamentalement, le Kundalini Yoga est l’acte de faire converger les éléments dispersés de la conscience ordinaire dans l’unité de la vibration originelle.

``A jamais, nous arrivons. A jamais, nous partons. Pour toujours, nuit et jour. Nous sommes dans un mouvement qui toujours nous ramène à notre lieu d'origine. Il y a là un mystère. Une vérité à saisir. `` (Lala, Chants mystiques du tantrisme cachemirien)

La Symbolique du Serpent

L’énergie Kundalini

 

la grande sinueuse des profondeurs – le serpent de feu

Le Serpent :

Le serpent est un animal archaïque, au sang froid. Animal tant physique que mythique émergeant des eaux primales avec ses mouvements en « S » formant des spirales ou s’enroulant sur lui-même (tel l’ADN de toutes les cellules vivantes), frappant à une vitesse fulgurante ou s’éloignant habilement en rampant sur son corps sans pattes pour disparaitre en un éclair, le serpent entre dans nos mythologies en tant que créateur cosmique, géniteur, destructeur et être sacré.

 

Cet être ô combien étrange qui sent du bout de sa langue bifide et entend à travers sa peau, est particulièrement sensible aux vibrations à basses fréquences et aux tremblements de la terre. Autant d’aspects qui le lient aux mystères secrets, souterrains et oraculaires de la connaissance.

 

Ses yeux sans paupières mais couverts d’une écaille transparente ne cillent jamais, évoquant une vigilance surnaturelle (…) : de l’œil du psychisme inconscient qui perçoit ce que la conscience ne peut voir, de l’œil hypnotiseur du héros légendaire comme du regard fixe de la mort.

Lorsque le serpent se retire pour muer, signe de renouveau, de renaissance et d’immortalité, son écaille oculaire devient laiteuse, revêtant parfois une couleur opaque bleutée comme si le reptile entrait dans une phase méditative et accédait à un niveau de connaissance au-delà de notre portée.

 

Son corps à la forme phallique, associé à sa capacité à copuler pendant des jours voire des semaines avec un partenaire comme avec cinquante, l’assimile à l’énergie phallique active et pénétrante, à la fécondité et à la puissance du Lingam de Shiva qui pénètre la yoni féconde de l’Espace.

A la fois vaillants, révélateurs et terrifiants, les serpents jaillissent de terre, de sous un tapis de feuilles ou un lit de pierres, des eaux sombres des rivières comme des ténèbres du psychisme. Leur demeure mythique, le monde souterrain des morts, est également le terrain fécond d’où émerge la vie nouvelle : un lieu de guérison, d’initiation, de révélation, le royaume de l’ancienne Grande déesse (…)

Mythologie hindouiste :

Son symbolisme très ancien est présent dans le monde entier, à travers différentes cultures et traditions spirituelles ou religieuses.

Le rapport de l’homme au serpent a toujours été ambigu : capable de sauver comme de tromper, changeant de peau et d’apparence, il est insaisissable, et repousse ou attire avec son pouvoir hypnotique, énigmatique et mystérieux.

Le serpent illustre la dualité du monde extérieur, nous renvoyant à ce que nous avons de pire comme de meilleur en nous, de connu ou d’inconnue, de visible comme d’invisible.

 

Dans les traditions tantriques de l’Inde, l’énergie cosmique féminine de la Kundalini dort enroulée comme un Serpent de Feu dans le sacrum. Energie sexuelle, vitale (corporelle) et spirituelle (psychique) qui dort en chacun de nous lovée sur elle-même dans le triangle inversé à la base de la colonne vertébrale.

Réveillé, ce serpent d’énergie Shakti, remonte le long du notre colonne vertébrale Sushumna en sinuant à travers Ida et Pingala, polarités féminines et masculines des 2 canaux latéraux (courants nerveux) qui serpentent le long de notre colonne vertébrale et traversent les 7 centres d’énergies principaux jusqu’au sommet de la tête, pour notre complétude.

Elle s’élève ainsi à travers le corps subtil,  serpentant autour du canal central , traversant et ouvrant les  Chakras avant de s’unir avec l’Un Shiva au somment du crâne dans la transcendance et pour l’extase : la réalisation du Soi en soi.

RÉVEILLER LE SERPENT :

La voie du Kundalini Yoga est une manière d’activer cette énergie et de la faire circuler (on parle ici du Feu sacré de la Kundalini et de la prophétie du serpent). Les pratiques du Kundalini Yoga permettent à ce serpent, énergie des profondeurs qui peut être fulgurante et dévastatrice, de s’élever en nous tout en douceur, et cet éveil est celui de la conscience.

Une fois réveillée, reconnue et apprivoisée dans le but d’apprendre à réaliser les énergies qui nous animent, et reconnecter la densité d’un corps physique à l’éthérité de notre âme, la conscience de la totalité en nous s’installe : l’Un.

 

serpent symbole infini

L’Ouroboros, le roi serpent (du copte ouro, « roi » et de l’hébraïque ob « serpent ») représente un serpent qui se mord la queue, symbolisant l’autofécondation et la roue de la vie, le cercle qui n’a ni début ni fin :  la totalité de l’Univers, réconciliant ainsi la dualité dans l’unité. Il est « l’œuf du monde » contenant tout.

Ananta (en sanskrit : sans fin, sans limite, éternel et infini) Serpent Cosmique de la mythologie hindouiste, symbole de l’Infini sous la forme d’un huit couché portant en lui les cycles perpétuels de renouvellement du monde.

On sait aujourd’hui que certaines espèces de serpents possèdent des propriétés médicinales extraordinaires de guérison dans leur venin, qui pourtant peut rendre malade voire tuer.

 

Le serpent a donc toujours transmis le pouvoir sur la vie et la mort, ce qui en a fait, partout dans le monde, une forme d’esprit ancestral : le guide du royaume des morts et un médiateur des processus cachés de transformation, de renouvellement et de retour à la vie : de transcendance.

 

Source : Dictionnaire des Symboles (Jean Chevalier et Alain Gheerbrant) / 3HO Fondation, Librairy of Teaching, History and Mythology.